mercredi 21 février
només un


miracle!

samedi 25 novembre

mardi 26 septembre
Discothèque
Un ghetto de riche, ou un camp de
concentration de luxe? Où l’on va par devoir, par ce qu’il faut y être, il faut
y être vu. L’ennuie général est si profond qu’on ne le remarque même pas. On s’amuse, mais tous de la même façon,
balançant monotonement son corps monotone sur une musique monotone dans un
espace monotone. Tout ces corps qui veulent séduire avant même de respirer. Ces
corps qui sont tous pareilles, long et mince, sans forme, comme des mannequins
à fringues. Même les coiffures sont copiées sur des catalogues. On cherche à
être au plus proche de la photo, au plus proche du spot publicitaire… au plus
loin de soi même. Des victimes qui s’envient et qui sont enviées pour tout ce
qu’elles représentent, tout sauf ce qu’elles sont, des victimes. Un produit, un
yaourt frais sans saveur et bientôt périssable. Même pas un yaourt mais la photo
d’un yaourt. Des photos qui dansent sans changer d’expression. Des photos
périssables, comme la discothèque qui passera de mode dans 3 jours, ou 4 avec un
peu de chance. Alors on fait tout pour attirer le beau monde, on élève les
prix, on garde l’entrée, on crée un parking VIP, une zone VIP, dans cette zone VIP
on crée une autre zone VIP, puis encore une autre…Comme dans une administration
d’espace privé, on cherche à grimper les échelons, à force de poignet de main,
de relation, de lèche…La dignité n’existe plus ici. Elle est même ridicule. On
s’aime ou se déteste en deux secondes, puis on oublie vite pour aimer de
nouveau, et détester de nouveau… Toujours du nouveau! Il faut désirer, créer
toujours plus de désir, aller plus haut, en haut des escaliers, en haut sur la
terrasse, en haut dans le ciel, si on pouvait... Le plus haut possible pour
échapper à cette terre si ennuyeuse, si vraie, si médiocrement humaine. Une île
remplie d’étranger, ou l’on ne rie qu’en anglais, tellement qu’on oublie dans
quel pays on est…De toute façon tous les pays se ressemblent non? Un éclat de
rire, Une blonde qui ferait bander un mort cache derrière sa beauté naturelle
une peur atroce de vieillir, d’être seule ou simplement d’être découverte…Elle
cache ce qu’elle est: une fille. Juste une fille, pas une super modèle, pas une
actrice ou une superstar… Ou peut être si, le temps d’une publication. Les
garçons veulent être Superman, mais leur voiture si belle soit elle ne quittera
jamais le sol. Des victimes… on vous suce le sang, votre énergie, votre
jeunesse, votre passion et votre force…On vous drogue à coup de gin tonic, on vous
enferme dans une boîte et on vous bourre les oreilles de basse sourde…Il ne
reste plus que les yeux, des regards tristes, perdus, qui ne savent plus quoi
regarder tellement y en a…Ils se regardent sans se voir. Ils ne savent pas ce qu’ils font là… Exister,
pas pour soi mais pour les autres, pour l’Autre. Tout le monde veut sortir du
lot. S’amuser plus que l’Autre. Parfois un fou essaie de s’isoler sur la
terrasse ou dans le salon privée, mais l’ennuie est partout, il vous tient à la
gorge et ne vous lâche pas. Une vraie saloperie qui brille. Tout comme la fête!
Elle resplendit, jusqu’à ce qu’on éteigne la lumière. Et en sortant on se dit:
C’est la dernière fois. Jusqu’à la prochaine fois…
vendredi 30 septembre
contradiction
Ça se touche, presque. Je t’aime, pas tout à
fait. Ça se renverse, dedans. C’est mort, ça
respire. Elle est belle, à vomir. C’est parfait,
quasiment. Je suis heureux, à peu près. Elle
est partie, tout près. Elle pleure, peut-être.
C’est moyen, complètement. Il la regrette,
pas du tout. Je me révolte, à demi. Je me lève,
dans mon lit. Je ris, de mes larmes. C’est vrai,
à peu de chose près. Elle chante, en silence.
C’est sensuelle, ça gratte. Elle m’embrasse,
pas moi. J’attends de ne plus attendre. Je
promène souvent mon chat en laisse. Je me tire à l’arc.
Je ne m’assois pas sur la chaise, c’est elle qui se dresse
sous moi. Ma sombre pensée m’éblouie. Il oublie
pour retrouver la mémoire. Je règne dans les
oubliettes. Je me suis perdu chez moi. Le bonheur
éternel ne dure pas. Je ne respire pas, l’atmosphère
me respire. Je prends les choses au sérieux, même si je m’en fous.
mardi 27 septembre
C'est comme...
C’est comme une caresse, une respiration qui
vous accompagne, qui vous berce et vous endort.
C’est comme une présence, un léger poids sur le ventre,
un murmure qui vibre à l’intérieur. C’est comme
si le temps s’était arrêté pour vous regarder,
comme si la mer ne faisait plus de vague.
C’est comme quelque chose qui donne envie
de pleurer et de rire à la fois, c’est comme si le bruit
était silencieux, comme si la foule était calme
et la violence un rêve. C’est comme si la douceur
se rencontrait elle même et s’embrassait, comme
si tout le monde était d’accord, c’est comme être
heureux sans le savoir, comme un parfum plein
de désir, une voix amie, un moment magique.
C’est comme connaître le dos des choses,
leurs secrets et leurs désirs. C’est comme
des notes de musiques qui restent suspenduent
à vos oreilles, ou des images qui ouvrent doucement
vos yeux. C’est comme quelque chose qui vole
dans l’eau et qui nage dans les nuages. Un mensonge
sincère, un coup de poing de théatre. C’est comme
rencontrer le héros de votre enfance, un superhéros,
un extraterrestre, comme rencontrer E.T. C’est comme
un orquestre qui commence à jouer à la fin du concert,
comme une salle qui se retourne sur elle même,
comme une toile de cinéma qui se regarde, ému.
C’est comme voyager immobile et se perdre
dans son corps. C’est comme une attente
qui n’attend rien, une histoire sans fin et sans début.
C’est comme si le corps était l’ombre et l’ombre le corps,
comme si la nuit était le jour et la lune le soleil.
C’est comme rêver éveillé. C’est comme
découvrir qu’on a des ailes qui ne demandent qu’à s’ouvrir.
C’est comme ne plus avoir peur d’avoir peur...
vendredi 16 septembre
hier...
Hier je n’étais pas l’homme que je suis aujourd’hui.
Je marchais dans la rue à 20 centimètres du sol. La terre repoussait mes pieds comme deux aimants négatifs. Je regardais le ciel et les arbres se mélanger au dessus de ma tête. Le bleu d’enfant envahissait mes pensées. Je souriais au mannequin d’une vitrine de fringue, qui n’était pas un mannequin mais une vendeuse presque nue. Je respirais pronfondément le gaz qui s’échappait des voitures, comme on respire le parfum âcre d'une chevelure. D’un regard j’arrêtais les voitures. Je traversais la rue sans mettre les pieds dans l’eau. Je frappais dans la main d’un inconnu qui me saluait. Je courais devant le bus qui essayait de me rattrapper. Je regardais travailler le cordonnier avec son marteau. J’écoutais la musique d’une guitare qui faisait la manche. Je faisais peur au chien stupide du videoclub. Je consolais un homme qui pleurait sur un banc. Je buvais un café et mangeais un croissant au chocolat. J’écoutais les rires de deux jeunes filles derrière moi. Je rêvais d’être riche, d’être pauvre, d’être un dinausore, un diplodocus géant qui dévorait tout sur son passage. J’achetais le journal du sport pour le jeter à la poubelle. Je parlais avec un sourd du beau temps. Je me retournais au passage d’une jeune indienne qui protégeait son enfant. Je regardais un homme trop lourd pour monter les escaliers. J’offrais des fleurs rouges à la fleuriste. Je criais de colère. Je criais de joie. Hier je n’étais pas l’homme que je suis aujourd’hui.
jeudi 21 juillet
el Ultimo...
L’homme pousse la
porte. Elle se referme toute seule derrière lui. L’air est lourd. Un nuage de
fumée grise reste en suspension dans la pièce. L’homme fait un pas et une vibration
énorme fait trembler le sol. Un coeur bat. Les pulsations sont graves et régulières.
A chaque battement l’homme sent vibrer sa
poitrine. Son coeur l’abandonne pour suivre la cadence. Il regarde autour de
lui. Des lumières de toutes les couleurs tournent et déambulent dans l’obscurité.
L’homme presque aveugle avance lentement dans le brouillard. Une étoile filante
illumine la pièce pendant un millième de seconde. Le bar. L’homme l’aperçoit et
se dirige droit vers lui. Le bar qui l’attend. Il traverse des corps, des plantes,
des algues languissantes qui ondulent et se balancent, se touchent et se mêlent
les unes aux autres. Baigné dans ces eaux inconnues, quelque chose s’accroche à
son bras et le relache. Une caresse se faufile dans son dos et disparait. C’est
le bal des yeux, des regards, des clins d’oeil, des bouches entre-ouvertes, du
désir. Les mains se cherchent, se touchent et se trouvent. Il fait chaud, une
chaleur moite, mouillée. Le sol bouge. Les corps se penchent en avant et en
arrière pour ne pas perdre l’équilibre. Des respirations, des chuchottements,
des rires, mais l’homme n’entend rien. Seul le battement sourd frappe sa
poitrine et résonne dans sa tête. Il arrive au bar et s’accroche au zinc pour
ne pas être emporté par le courant. Il s’assoie, enfin.
Le géant derrière
le bar le reconnait. Il s’approche et le salue comme on salue un vieil ami. L’homme
ne l’a jamais vu. L’homme commande un verre. Un seul. Il attrape le verre
furtivement et le vide d’un trait. Le
fluide glacé lui brûle les lèvres, la gorge et l’estomac. Le verre retombe sur
le bar. Une détonation aigue resonne au contact du zinc. Premier coup de feu, puis
deux, troix, dix. Le duel au soleil électrique s’interrompt. La glace bleue
tourne au fond du verre, elle tourne en rond comme un poisson rouge affolé, en manque d’eau. La glace réclame, elle supplie.
«Un dernier verre!
Le dernier des derniers ! El ultimo! » lui crie t’elle.
L’homme, assis
sur son tabouret, regarde la glace froidement. Il regarde son verre. Il regarde
sa main qui se déforme au travers. Il ne la croit pas. Il ne l’a croit plus.
Alors la glace fond, elle fond en larme. Elle sait que l’homme ne supporte pas
les pleurs. Et l’homme craque. Sa main tremblante rempli le verre une dernière
fois, une autre fois. D’une main triste, le verre se remplit joyeusement. Le
verre se remplit et l’homme se vide. D’un trait.
Et là, soudain, presque
malgré lui, l’homme sourit. Un sourire innattendu s’empare de ses lèvres. Les vibrations
se transforment en musique. Sa main ne tremble plus et commence à sautiller sur
le bar. Le bras suit la main, puis c’est son épaule qui commence à bouger. Une
décharge électrique remonte dans son dos et lui fait remuer la tête. L’homme
essaie de résister à cette force insolite. Il veut se lever mais quelque chose
a changé. Il hésite. Il baisse les yeux et découvre avec stupeur qu’il n’est plus
assis. Ses jambes ont sauté du tabouret et ses pieds s’agitent frénétiquement
sur le sol.. Il lève la tête comme un enfant étonné. Une fille sourit. Sans le
vouloir sa jambe lui passe devant et le fait tourner sur lui même. La fille rit.
Elle saute sur le bar et entraine l’homme avec elle. Debout sur le bar, l’homme
voit son corps bougé, sauté, tourné. La fille au sourire danse à côté de lui. Il
veut la prendre dans ses bras mais elle a disparu.
La vue d’en haut
est impressionnante. Le paysage ondule, on dirait qu’il y a des vagues, on
dirait la mer. Le vent se lève. Il pleut. C’est la tempête. Le dj lévite à 10
cm du sol et se prend pour Neptune. Tout le monde nage et boit la musique. Le chant
des sirènes se mèlent aux cris des baleines. Les gens regardent le ciel en
colère et lèvent les bras en l’air. Ils enlèvent leurs vêtements. Les corps se
baignent dans la pluie glacée qui tombe du ciel. La température continue de monter
mais le thermomètre a explosé il y a longtemps. Les gens fondent et se
mélangent. Ils ne forment qu’une seule créature, une sorte de poulpe géant qui
saute et se dandine joyeusement. Un poulpe aux milles visages, aux milles
sourires, aux milles histoires, qui danse à en perdre la tête...
L’homme, debout
sur le bar, regarde l’horizon. Il lui dit au revoir et plonge dans l’océan. Il
s’enfonce peu à peu dans les profondeurs sombres et sonores. Des sirènes aux
cheveux longs l’attirent. Elles le prennent par la main et le tirent vers le
bas, vers le fond. Il croise des poissons bizarres, multicolors, difformes. Une
énorme raie lui passe en dessous et le fait tournée sur lui-même. Les sirènes
le délivrent de ses vêtements et lui fond l’amour. L’homme s’abandonne. Il
abandonne son corps et son corps l’abandonne. Il part.
L’homme part et il
sait qu’il ne reviendra pas.
dimanche 10 juillet
escadrille
“Give me
all the blue prints...”
L’avion monte,
monte. Il monte encore, encore plus, monte, encore, encore...Il n’arrête pas de
monter. Puis un autre, et un autre, encore
un autre. Une ligne, une belle ligne faite de points bleus s’allonge dans le
ciel. La ligne se penche en avant, en arrière. Elle file dans le ciel endormi.
Elle va vite, trop vite. Elle apparait, disparait, réapparait. Elle vole, elle
survole. Elle s’enfonce dans un nuage qui ronfle comme une grosse bête.
La ligne dessine
un triangle. On dirait un dessin pour enfant. Il faut relier les points pour
dessiner un animal, un oiseau, un grand oiseau au bec pointu. Un pilote essaie
de rire, un autre vomit à l’arrière. Ça
vibre tellement qu’on entend rien. On
crie, on gueule, on s’engueule. La radio s’y mêle. On prend des notes. Des
calculs incompréhensibles se déversent sur du papier froissé. On fume. Assis à
deux milles mètres d’altitude. Les avions fument aussi, tranquilement, ils
aspirent les nuages et recrachent de la fumée noire. Silence.
Des montagnes.
Une vallée. Un village. Des maisons. Il pleut, il pleut des cordes. Une sirène peureuse s’élève timidement dans la
nuit. Les gens se tiennent par la main, ils courent, se séparent, se perdent. Ils
tombent et leurs genoux frappent le sol. Ils se relèvent. Il pleut
des mots, des larmes, des cris. Mon amour, mon amour...
Mais tout à coup une
sirène, peureuse, se fait entendre. Un bourdonnement vient du ciel. On lève la
tête... oh oh...
vendredi 13 mai
GIRA TEATRAL...
"On file sur la route, les montagnes s'ouvrent sur notre passage.
On glisse sur la route, la musique veut sortir par les fenêtres, elle pousse si fort que l'automobile se gonfle. On chante sur la route. Mon voisin sourit mais il ne le sait pas. Une guitare danse sur la banquette arrière. J'imagine d'autres paysages, des volcans rouges, des
oiseaux géants, des kangourous gris, marrons, de toutes les couleurs sauf bleus, qui sautent autour de la
voiture... Des applaudissements bourdonnent dans mes oreilles, des
rires...d'autres rires...encore des rires...Je file sur la route, sans volant, sans pare brise, sans voiture... tout s'inverse.
Arrêté à 150 km/h, le paysage vient à notre rencontre, à contre sens...et nous chatouille la plante des pieds."







